Un petit billet couleur locale, autour d'un sujet sensible qui explique en partie l'érosion du désir et du plaisir de jouer, notamment en hiver, ou en cas de mauvais temps...
Dans ma Bourgogne du sud, que j'aime énormément, et plus précisément dans mon département de Saône-et-Loire, en suivant le traditionnel boeuf bourguignon sur la route des produits gouleyants de nos vignobles, qui vous font descendre dans la gorge le petit Jésus en culotte de velours, on peut croiser les célèbres escargots, que le monde entier nous envie, et aussi les coqs orgueilleux, qui font moins les malins quand ils se retrouvent au vin dans le fond d'une assiette !
Mais pas seulement ! Chemin faisant, outre ces spécialités renommées, grâce aux pétanqueurs du cru, on peut également découvrir une autre fantaisie, qui mérite d'être signalée, avec quelques uns des boulodromes couverts, qui ne manquent pas dans la région ! Couverts, certains chauffés, mais désespéremment vides les trois quarts du temps. J'ai deux exemples précis, quasiment à ma porte !
Le premier, c'est un bâtiment qui offre huit jeux sélectifs, plus déserts que le désert, parce que les sociétaires qui le fréquentent réguliérement préfèrent s'enfermer dans un local adjacent de 12 mètres carrés, où ça ne sent pas bon, pour y taper le carton ! Certes, il en est quelques uns dans le lot pouvant arguer aujourd'hui de leur grand âge, qui leur rend sans doute la station debout pénible, mais ils avoueront aussi, pour être tout à fait honnêtes, qu'ils n'ont jamais été des acharnés de la petite boule, et qu'ils ont toujours pris une licence, ou autre carte bidon, pour accéder surtout aux tables de jeux de la société, en été comme en hiver !
On se fait bien une petite pétanque de temps en temps, parfois même avec des gens qui s'éloignent des cartes pour un jour, suite à une petite altercation, mais rarement plus de deux à trois parties par mois. Inutile d'abuser des bonnes choses, et d'user les boules tendres, à plus de cent euros la triplette, à la vitesse grand V en les faisant rouler trop souvent...
Le second exemple, c'est une pure merveille de confort qui est sous-employée depuis qu'elle existe : on arrive parfois, à force de patience et d'acharnement, à y enchainer deux parties sérieuses trois jours de suite, mais pas avant 16h30, voire davantage... Pour jouer de bonne heure, mieux vaut se présenter en équipes constituées, à condition, bien entendu, que le préposé à l'ouverture ne se soit pas endormi devant son poste de télévision, littéralement assommé par "Les feux de l'amour", auquel cas il faut attendre son arrivée et son bon vouloir, à l'abri dans les voitures les jours d'intempéries. Le jeudi, je patiente facilement : j'ai mon "Canard enchainé" à finir !
On a beau protester en brandissant une licence, ou une carte de membre, achetée tout exprès par les gens de l'extérieur pour profiter des avantages du boulodrome, les "propriétaires" restent furieusement accrochés à leur idée que vous n'avez aucun droit, et aucune exigence à formuler, à partir du moment où vous ne faites pas partie du clan des décideurs ! A plus forte raison si vous n'êtes pas du club ! S'ils n'ont pas envie de jouer, ou pas le temps, vous non plus !
De guerre lasse, et par peur, dans le premier cas , de se retrouver seul, dans le second, de se casser le nez derechef sur une porte close, la plupart des gens ne viennent plus, et s'il est déjà difficile de jouer en semaine, c'est carrément impossible de le faire en week-end, même lorsqu'il n'y a pas de concours du tout dans les alentours ! Rien n'est prévu, rien n'est organisé pour ce faire, en dépit de moult discussions, suggestions, et autres propositions de participation à un tour de permanence, etc., qui n'ont jamais abouti. Là aussi, de guerre lasse,...
Voilà pourquoi, tout simplement, s'il est des régions où il y a des joueurs sans salle, chez moi, il y a bel et bien, au nombre de nos spécialités locales, des salles sans joueurs, dont on se demande réellement à quoi elles servent, et pourquoi on a tellement investi dans leur aménagement ?
Et pour conclure avec une formule que j'aime bien : il importait que ce fût dit ! Ou alors, si d'aucuns voient un réel réquisitoire dans ces quelques réflexions, que je veux cependant plus réalistes que méchantes ou agressives : la parole est à la défense !
A lundi prochain. Bonjour chez vous, et portez-vous bien.
N.B. Et je n'ai pas mis sur la liste de nos originalités, pour en avoir déjà parlé il y a peu, le réglement carrément farfelu, et également typique du 71, qu'on vous demande d'appliquer en salles avec le bouchon, même à l'entrainement, si d'aventure vous finissez par pouvoir jouer. Tout fout le camp...