"J'y-va-t-y, j'y-va-t-y pas ?" , telle est la question que se pose en ce moment un de mes bons amis à propos de son comité où quelques places seraient vacantes...
Quelques un d'entre nous lui ont déjà répondu : "si tu es sur d'avoir des appuis au sein de cette assemblée et de pouvoir infléchir sa politique dans une direction qui te semble plus susceptible de faire le bonheur du plus grand nombre, n'hésite pas une seconde, vas-y ; maintenant, si tu dois te joindre à une équipe constituée, qui campe sur ses positions depuis x temps, uniquement pour faire le compte, et sans le moindre espoir de pouvoir changer quoi que ce soit, pour cause d'isolement, alors reste chez toi !"
Inutile, en effet, dans de pareilles conditions, de prendre sur ton temps et d'aller gaspiller ta salive et ton énergie en vaines discussions et en affrontements stériles avec des gens indécrottables, qui sont persuadés de détenir la vérité, et qui restent sourds aux échos de la base, parce qu'ils sont toujours moins précoccupés par ce que désirent les autres, même tous les autres, que parce ce qui les intéresse eux-mêmes !
N'en déplaise à ceux qui s'imaginent que je ne sais pas de quoi je parle, j'ai fait cette expérience à deux reprises, et dans deux endroits différents : une première fois pour voir, et une seconde en pensant que ça irait peut-être mieux que la précédente ! Le temps de constater que d'un endroit à l'autre c'est bonnet blanc et blanc bonnet, et on en ressort déçu et guéri pour la vie. A savoir que plus on est franc, désintéressé, et intellectuellement honnête, plus on a mal à la sortie quand on a eu l'occasion de jauger ses interlocuteurs, et de s'apercevoir sans ambiguité aucune qu'on ne sera jamais sur la même longueur d'ondes dans la mesure où il y en a deux sur trois qui affichent trop souvent le courage et la sincérité d'un âne qui recule !
Que ce soit dans des assemblées d'associations ou dans les grands partis politiques, il y a malheureusement de nos jours beaucoup trop de gens qui oublient, au lendemain de leur élection, qu'il n'ont pas que des droits , mais également des devoirs ! Qu'on ne les a pas installés au poste qu'ils sollicitaient pour qu'ils trahissent notre confiance en soignant d'abord leur confort personnel, au lieu de travailler à l'amélioration de celui des administrés ! Et ce n'est pas les multitudes d'exemples de dérapages, d'abus de pouvoir, et autres détournements de fonds, dont les médias nous abreuvent quasiment tous les jours, qui risquent de démontrer le contraire ! J'entends déjà d'ici les concerts de cris d'orfraies ou de vierges effarouchées que ces propos ne vont pas manquer de déclencher, notamment chez eux qui répugnent à appeler un chat un chat, justement pour conserver des places qu'ils ont transformées en sinécures, mais on ne peut pas non plus passer son temps à nier l'évidence, envers et contre tout !
Tu sais, si on n'est pas avide de gloriole, si on est capable de travailler pour se faire plaisir, et non pas pour se faire mousser, pour tenter d'obtenir des avantages ou des compliments, on peut très bien mettre la main à la pâte, si on en a envie, en toute liberté, c'est à dire sans entrer dans une structure officielle à l'intérieur de laquelle on a peu de chance de se sentir à son aise. Par exemple, on peut tout à fait s'intéresser à des jeunes, les entrainer, les conseiller, et également jouer avec eux, sans être un éducateur diplomé ; autre exemple, on peut également, sans faire partie, ni d'un bureau, ni même d'un club, aller monter des tentes et tracer des terrains, simplement pour rendre service à un ami en charge de l'organisation d'une manifestation ! Généralement, dans ces occasions là - et je sais encore de quoi je parle -, on travaille de bon coeur et on en retire toujours une réelle satisfaction parce qu'on sait exactement, pour avoir choisi, pour qui et pour quoi on se dépense !
Alors prudence, mon ami ! Réfléchis bien ! Ne va pas au devant des tracasseries et des désillusions en embarquant sur une galère instable, surtout en ces temps de mauvaise mer...
Je sais tes qualités, je sais ta mentalité, je sais, si tu es élu, que tu donneras de ton temps sans compter, à l'occasion, de ton argent, en faisant l'impasse sur quelques frais de déplacements ou autres, parce que tu es de ces gens qui sont encore capables de ce genre de petits sacrifices pour porter en eux le vrai sens du bénévolat, alors j'ai bien peur qu'on ne sache pas te mériter, là où tu as envie d'aller t'aventurer, et là où des natures comme la tienne se font quand même de plus en plus rares !