- lorsqu'il n'y a pas grand chose à gagner dans un concours, vous le boycottez ; lorsque les sommes en jeu sont alléchantes, alors vous jouez, mais pas très longtemps : vous partagez, dès que possible pour être surs de "rentrer dans vos frais !"
- lorsqu'on vous propose des terrains lisses comme une patinoire, vous pestez contre les rafleurs, qui vont s'en donner à coeur joie ; lorsqu'on vous met des cailloux sur les jeux, vous n'en finissez plus de les écarter pour vous aménager une donnée qui brille comme une savonnette !
- lorsque vous gagnez c'est toujours parce que vous avez bien joué ; lorsque vous perdez, c'est souvent parce que vous n'étiez pas trop bien équipé...
- lorsque vous faites un "brochet", qu'il faudrait mettre directement dans le coffre de votre véhicule, parce que, de toute évidence, il ne rentrerait pas dans la bourriche, c'est un accident ; lorsque c'est un autre qui le fait, c'est une horreur, c'est assurément l'oeuvre d'un maladroit congénital !
- lorsqu'un arbitre vous siffle un bout de pied qui dépasse du rond, il chipote, il fait du zèle, c'est un emmerdeur ; lorsqu'il siffle les autres, c'est normal, il fait son boulot, il est payé pour ça !
- lorsque le même arbitre mesure un point et qu'il vous le donne, vous n'avez aucun doute sur la fiabilité de la pige télescopique, c'est infaillible ce machin là ; lorsqu'il le donne en face, alors vous trouvez qu'il a mesuré un peu vite : d'un côté avec le bout de la tige sous la boule, de l'autre en plein milieu... Oh, la,,la, pas évident l'arbitre, pas évident...
- lorsque vous arrivez en retard dans un concours et que l'organisateur vous prend quand même, vous le trouvez sympa, intelligent ; lorsqu'il prend une autre équipe, surtout si elle est costaude, plus costaude que la vôtre, alors vous trouvez celà I.N.A.D.M.I.S.S.I.B.L.E. ! L'heure c'est l'heure, il y a un réglement et il doit être appliqué, surtout aux autres !
- lorsque vous faites une réflexion à un adversaire, vous plaisantez, ce n'est pas méchant, il n'a aucune raison de s'en offusquer ; lorsque c'est lui qui vous en fait une, c'est pour "flûter", pour tenter de vous déstabiliser, c'est vraiment un con !
- lorsque vous menez facile, et que vous finissez pas gagner, c'est Byzance : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ; lorsque vous galérez, lorsque vous ramez, c'est Verdun, sale journée : vous ne tombez que contre des "beurrés", des veinards, des cocus ! Pas une équipe qui va vous battre à la régulière, que du pot , que du pot, que du pot !
- lorsque vous manquez, vous ne comprenez pas pourquoi : droit comme un i, au pied de la boule, c'est inexplicable... ; lorsque le voisin manque, c'est pas pareil : il est pas droit, il est pas long, faut, faut pas charrier, quand même ! Il est nulle part, il ne veut pas taper en plus !
Et ainsi de suite, et à longueur de saisons, et jusqu'à plus soif !
En conséquence, pétanqueuses, pétanqueurs (et surtout pétanqueurs, oui !), si j'ai copié à ma fenêtre l'attitude d'un illustre grand homme, qui marqua naguère l'histoire de notre beau pays de rigolos, je ne peux pas, pour autant, reprendre à mon compte la formule qui le rendit célèbre, à savoir "Je vous ai compris !"
Parce que, côté sincérité et bonne foi à la pétanque, sincérement, je n'ai encore pas tout compris...
